Définition d’un programme d’action de soutien à la prévention & à la gestion des risques

Définition d’un programme d’action de soutien à la prévention & à la gestion des risques

La prévention des risques joue un rôle très important dans l’action continue de l’homme dans la réduction des différents risques qui menacent aussi bien son patrimoine, son activité que son intégrité physique.

Partant de ce principe, les assureurs, à travers le monde, ont intégré cette idée dans leurs stratégies et leur mission ne se limitent plus uniquement à indemniser financièrement les dommages causés par un sinistre, mais contribuent également à la protection par la prévention des assurés qui sont, peu ou pas du tout, outillés à cet effet.

La prévention, dans ce cas, cible des objectifs communs pour les deux parties (assureurs et assurés), à savoir la réduction de la fréquence globale des risques, la limitation des dommages lorsqu’ils se réalisent et la baisse du coût de l’assurance.

L’atteinte de ces objectifs ne peut se concevoir que par la promotion de la prévention par les assureurs dans un cadre de concertation et de partenariat avec les autres parties intéressées telles que les assurés et les pouvoirs publics tout en tenant compte des expériences vécues par le marché.

Le marché algérien des assurances, qui accuse un certain retard dans ce domaine, a pourtant bien déclenché le processus de promotion de la prévention en 2000 suite à la réalisation, par le secteur, d’une réflexion sur le développement de la prévention. Cette réflexion portait sur le cadre organisationnel de la prévention des risques en assurance des biens qui malheureusement n’a pas connu de suites concrètes sur le terrain.

Seules quelques actions isolées de prévention ont été menées jusqu'à ce jour, par quelques sociétés d’assurances, ciblant certains de leurs assurés. Cette façon de faire demeure limitée en termes d’impact puisqu’elle cible uniquement une partie de la mutualité formée par les assurés ce qui a favorisé le développement de la sinistralité dans la société.

En effet, la sinistralité -toutes branches confondues- enregistrée par les assureurs est passée de 10.620 millions de Dinars en 1999 à 35.733 millions de Dinars en 2009 évoluant fortement vers la hausse avec une moyenne annuelle de 24.80%.

Le nombre d’incendies industriels, ayant nécessité l’intervention de la protection civile, est passé de 519 en 2006 à 989 en 2009, soit un taux d’évolution de 90.56%. Les incendies urbains ont aussi enregistré une augmentation, passant de 4533 en 2006 à 4420 incendies en 2009 soit une évolution de 19.19%.

Les incendies de récoltes ont enregistré, aussi, une forte évolution (142,50%) en passant de 2640 incendies en 2006 à 6402 incendies en 2009. Les dégâts enregistrés par ces incendies ont augmenté entre 2006 et 2009 comme suit :

  • Evolution de la destruction des bottes de foins de 844%, passant de 69.772 bottes incendiés en 2006 à 688.660 bottes incendiés en 2009.
  • Evolution de la destruction des arbres fruitiers de 685%, passant de 21.090 arbres détruits en 2006 à 165.560 arbres détruits en 2009.

Le bilan des accidents de la route montre aussi une augmentation du nombre d’accidents et des pertes humaines induisant un classement des routes algériennes  parmi les routes les plus meurtrières au monde. Le nombre des accidents de la route enregistré en 2009 a été de 41.224 accidents (113 accidents /jour) contre 40.481 en 2008 (111 accidents /jour) soit une augmentation de 1.84%. Le nombre de décès est passé de 4.422 en 2008 à 4607 en 2009 avec une moyenne de 12.1 décès/jour en 2008 à une moyenne de 13 décès/jour en 2009.

Ce bilan catastrophique de la sinistralité montre l’importance des pertes enregistrées par la communauté nationale et interpelle les assureurs et les pouvoirs publics pour que la prévention reprenne toute son importance et toute sa place dans la gestion de nos risques afin de réduire les conséquences de cette forte sinistralité.

Partant de ce constat, et sachant qu’il est impossible de faire de la prévention sans maitriser le risque, objet de la couverture d’assurance, le programme d’actions proposé vise la mise en place d’un environnement favorisant le développement de la connaissance des risques et la promotion de la prévention par la mise en place d’instruments pratiques et indispensables pour :

  • Préserver le patrimoine économique national, qu’il soit industriel, agricole ou artisanal contre les risques ;
  • Protéger les ressources humaines des entreprises économiques, comme capital nécessaire à la production des richesses et au développement économiques, contre les risques professionnels ;
  • Réduire les risques pour les investisseurs (Responsabilité et crédit) et rendre leurs coûts plus acceptables et plus accessibles afin de d’encourager la création d’entreprise et la croissance économique.

Pour assurer le maximum d’efficacité aux actions à entreprendre, les instruments à mettre en place doivent découler d’un partenariat entre les différentes parties concernées notamment les spécialistes des risques, les assurés, les assureurs
(y compris les réassureurs) et les pouvoirs publics.

Les actions à engager doivent porter en priorité sur le développement de la connaissance des risques et de la capacité à les gérer en produisant l’information statistique et en impliquant les chercheurs dans le cadre d’une coopération avec les milieux universitaires. Ces deux actions faciliteront le développement des instruments de surveillance et d’évaluation des risques et dans certains cas facilitent le développement des modèles d’alerte rapide (Risques naturels).

Sommaire

Introduction
1. Rappel de quelques notions relatives à la prévention et l’assurance
2. Etat des lieux de la prévention dans le marché algérien des assurances
3. La promotion de la prévention comme outil de réduction des risques
Conclusion