Bulletin des assurances n°03

Editorial: Le chemin de la croissance

Bulletin publié le 01/10/2004

Les données du premier semestre de cette année confirment la tendance à la croissance du secteur. Trois facteurs ont agi : premièrement, la poursuite du développement du marché de l'automobile soutenu par le crédit prescripteur d'assurance tous risques ; deuxièmement, l'émergence d'une demande d'assurance voyage induite par la mise en oeuvre de l'exigence Schengen par les destinations privilégiées des voyageurs algériens ; troisièmement, l'augmentation de la demande d'assurance transport liée à la croissance des besoins du commerce extérieur.

Ces augmentations de production ont été suffisamment importantes pour compenser les chutes dans les branches de l'IARD et des assurances crédit & caution. En IARD, la réaction des compagnies à la concurrence continue de s'exprimer par la réduction des tarifs, rognant ainsi les effets de l'extraordinaire redressement du prix de la réassurance sur le marché international. Dans les assurances crédit & caution, les pratiques hors des normes professionnelles sur un marché totalement déstructuré, ont engendré des situations menaçant l'équilibre financier de plusieurs compagnies et conduit l'autorité de contrôle à suspendre certaines opérations sur cette branche.

Ainsi, pendant que des facteurs externes poussent à la croissance, certaines insuffisances internes s'aiguisent. En d'autres termes, pendant que la demande se développe et se diversifie, l'offre a du mal à se libérer de ses contraintes internes.
Que dire de ces tendances dans le futur ? Du point de vue de la demande, il y a lieu tout d'abord de s'attendre à ce que les facteurs positifs cités continuent d'agir voire amplifient leurs effets, en particulier pour l'assurance voyage.

Au-delà, à moyen terme, on anticipe un développement prodigieux de la demande liée aux deux puissantes locomotives que seront : l'entrée en vigueur de l'obligation d'assurance des risques de catastrophe naturelle, d'une part, et la mise en oeuvre de l'ambitieux plan de consolidation de la croissance (50 milliards de dinars d'investissement sur cinq ans), d'autre part.

Du point de vue de l'offre, qu'en sera-t-il? Le secteur sera-t-il capable de se réformer et de se moderniser pour répondre à cette prodigieuse demande ? Pourra-t-il assainir sa gestion pour en extirper définitivement les pratiques malsaines ? Les réformes dans le management interviendront-elles enfin pour réorienter les compagnies et leurs réseaux vers la conquête de ces millions de clients potentiels en attente de découvrir l'assurance, la vrai, au lieu de s'épuiser dans des guéguerres ruineuses autour de quelques gros clients ? Ce sont là les véritables questions auxquelles les compagnies actuelles devraient répondre positivement pour ne pas rater les opportunités de développement à remporter tant que le marché reste protégé.