Bulletin des assurances n°14

Editorial: 2011 ; année de l’« assurance »…

Bulletin publié le 01/04/2011

2011 est une année spécifique pour le secteur des assurances en Algérie car elle voit arriver à échéance l’obligation légale de séparation des sociétés d’assurance de personnes de celles de l’assurance de dommages. Il est, en effet, attendu à ce que les acteurs soucieux de ratisser large dans le secteur des assurances prennent à cœur le projet de filialisation et apprennent à traduire sur le terrain et avec la célérité voulue les exigences contenues dans la loi et se conforment à ce qui est stipulé dans le décret 375-09 du 16 novembre 2009 exigeant l’augmentation du capital des « sociétés d'assurance de personnes » à 1 milliard de dinars (contre 200 millions de dinars) et celui des « sociétés d’assurance de dommages » à 2 milliards de dinars (contre 500 millions de dinars).

Mais l’année 2011 est aussi spécifique pour ce qu’elle a déjà de fait marquant par rapport à l’assurance et à la réassurance à travers le monde puisque une terrible illustration sur la permanence du danger et du risque a été donnée –plutôt rappelée- en ce premier trimestre de l’an 1 de la seconde décennie du troisième millénaire. Elle nous provient du pays du Levant, le Japon en l’occurrence. Les premières estimations des pertes, telles qu’établies par les principaux assureurs et réassureurs mondiaux, s’élèvent à près de 250 milliards de dollars (coût oscillant autour de 30 milliards de dollars pour l’assurance). Les risques climatiques et démographiques étant ce qu’ils sont, il y a lieu de s’atteler à une tendance de développement qui s’accroche au triumvirat normes IFRS et régulation- solvabilité et stabilité financière – et, enfin, la prévention et la rigueur dans la gestion. Des principes demeurant valables dans tout pays aspirant à aller de l’avant, vers des horizons meilleurs. Hormis le coup dur nippon, cette entame de 2011 a bien effacé les syndromes de 2009 et de 2010 qui ont vu le secteur bancaire voler au secours des…assureurs, à commencer par les géants mondiaux du domaine (AIG…).

Les défis du marché algérien de l’assurance sont multiples : diversifier l’offre en direction de la population assurable ; encourager l’innovation et l’attractivité de l’offre ; assainir le marché et lui inculquer des règles à ne transgresser en aucun cas et par quiconque ; renforcer la prévention et la rendre l’affaire de tous ; et tant d’autres  attentes auxquelles il faut constamment veiller à trouver réponses, solutions et remèdes. Loin du replâtrage.

On le voit, les défis sont aussi multiples que divers. En prenant, à titre d’exemple, le cas du vol de données et d’informations, le chiffre à l’échelle mondiale devrait rendre plus prudents les acteurs nationaux. En effet, et selon les données récemment  publiées par KPMG, le secteur de l’assurance dans le monde a enregistré plus d’un million de cas de vol de données et d’informations rien que durant l’année 2010. En cause, dans le désordre : malveillances internes, pertes liées aux disques durs, mauvaise sauvegarde, CD-Rom et clefs USB, etc. Les victimes, elles, se comptent par dizaines de millions… 

La perte et/ou (le) vol de données dans le milieu assurantiel risque de prendre des proportions alarmantes si les principaux acteurs, à savoir les sociétés d’assurances ne prennent, en premier lieu, leurs dispositions à ce propos. Mais le baromètre du marché algérien ne s’arrête pas uniquement à cet aspect bien qu’il ne soit guère négligeable.

2011 est l’année de l’ « assurance » car c’est pendant que s’égrènent  ses 365 jours, ses 52 semaines et ses 12 mois qu’est appelée à être confirmée la tendance haussière du marché national pour aller bien au-delà du milliard de dollars de chiffre d’affaire atteint jusque-là. Le potentiel du marché allant bien au-delà de ce seul milliard de dollars…

Dans cette perspective, déjà amorcée dans son premier quart, l’espoir est grand de voir 2011 se poser en l’année de l’ « assurance » dans notre pays. Booster les assurances de dommages et de personnes passe nécessairement par cette voie.