Éditorial: L’assurable n’est plus à confiner dans le potentiel

Par Abdelhakim Benbouabdellah*

L’économie nationale n’est, certes, plus ce qu’elle était il y a de cela quelques années, exclusivement mono-exportatrice, mais plutôt extrêmement assise sur les hydrocarbures et le secteur de l’énergie. Pas de quoi pavoiser, en effet, mais il y a, au moins, de quoi entrevoir l’avenir sous de meilleurs auspices, comme l’a relevé la Banque d’Algérie, fin 2021. La quasi-préservation des réserves de change (à plus de 44 milliards de dollars) est bon signe, mais sans pour autant que cela puisse être réjouissant car, à peine passés les effets de la paralysie de l’économie -mondiale soit dite en passant et virant au ralenti, dans le meilleur des cas- induite par la pandémie de Covid-19 et par la baisse des cours de l’Or noir (contraction importante en 2020), les activités économiques du pays sortent, pour le moment, que la tête de l’eau (+2,3% de croissance au premier trimestre 2021 et 6,4% au deuxième trimestre).

Pas suffisamment, ni entièrement et ni définitivement. Néanmoins, le naufrage est évité de justesse. L’illustration vient de la forte hausse (+62,3%) des exportations de biens (26,4 milliards de dollars, à fin septembre 2021, contre 16,2 milliards de dollars, à fin du même mois en 2020) ,Encore plus, la très forte hausse (+120%) des exportations de biens hors hydrocarbures est plus expressive (3,015 milliards de dollars, à fin septembre 2021, contre 1,372 milliard dollars à fin septembre 2020). Ce qu’a vécu le monde comme soubresauts économiques, en 2019, 2020 et 2021,est énorme. Il est illustré par ce chiffre hallucinant -rendu public -fin 2021 à Madrid- lors de la 24ème session de l’Assemblée générale de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT)- du secteur touristique planétaire qui a perdu, successivement lors de 2019 et 2020, près de deux milles milliards de dollars, pertes induites par le recul de quasiment trois quart des mouvements et déplacements des touristes. L’assurance voyage a pris,ainsi, un sérieux coup, y compris dans
notre pays.
Cependant, la relative santé financière du pays ne doit pas cacher les efforts sectoriels attendus à divers niveaux pour que l’économie nationale puisse réellement trouver possibilité d’envol, en l’an 2022. Le marché national des assurances, certes l’un des secteurs les plus résilients face à la double crise financière et sanitaire du pays, enregistre un chiffre d’affaires (0,7% du PIB) global moindre que les envois de fonds vers le pays par la communauté algérienne établie à l’étranger, ces derniers étant de près de 1,8 milliard de dollars, en 2021, selon les estimations de la Banque Mondiale, soit 1,1% du PIB national. Ainsi, l’on se rend compte davantage que le secteur des assurances qui devrait être l’un des leviers majeurs du financement de l’économie a besoin d’un véritable électrochoc pour, enfin, voir ses acteurs faire dans l’innovation et, surtout, (r) établir l’impérative confiance avec les assurés et assurables, sans lesquelles aucun réel développement n’est possible.

Les pouvoirs publics ont pris conscience depuis longtemps de l’impératif pour les assureurs de communiquer, sensibiliser et vulgariser, afin que le marché national des assurances puisse être admis, véritablement, en locomotive économique. Pour cela, il ne faudra plus que l’assurable reste indéfiniment confiné dans le potentiel, alors qu’il y a moyen de le voir comptabilisé, non seulement dans le chiffre d’affaires des assurances, mais, aussi et surtout, dans le financement de l’économie.
A. B.

*Secrétaire du CNA.

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